À quoi sert un prêtre ?
En ce mois d’ordinations sacerdotales, la vie des futurs prêtres s’apprête à changer du tout au tout. À eux, désormais, d’enseigner et de gouverner les fidèles, tout en travaillant à leur sanctification.
D’ici quelques semaines, une centaine de séminaristes et de religieux, déjà ordonnés diacres en vue du sacerdoce, s’allongeront face contre terre lors de la litanie des saints avant que, par le geste bimillénaire de l’imposition des mains, un évêque leur confère le sacrement indélébile de l’ordre, les faisant prêtres pour l’éternité. Dès lors, ils seront au cœur des attentions dans une Église que l’on dit en crise, pour cause de baisse de vocations et de remise en question du rôle du prêtre. Un contexte tel que l’on oublierait presque la question principale : au fond, à quoi sert un prêtre ? Ne doit-il être qu’un « distributeur de sacrements » ? Un animateur en paroisse ? Un modérateur de groupes ? Dans la confusion ambiante, il est bon de revenir aux exigeantes tria munera – littéralement « trois fonctions » – établies par l’Église depuis plusieurs siècles : enseigner, sanctifier, gouverner.
Le devoir d’enseignement
En 2010, dans une audience générale, Benoît XVI estimait que le monde se trouvait « en pleine urgence éducative ». Face à la « grande confusion en ce qui concerne les choix fondamentaux de [la] vie [des fidèles] », la parole du prêtre, courroie de transmission de la parole du Christ, revêt alors une importance capitale. Dans son encyclique Ad catholici sacerdotii, publiée en 1935, Pie XI résumait ainsi la mission d’enseignement du prêtre : « enseigner la doctrine du salut », « rendre raison des dogmes, des lois, du culte de l’Église » bref, « dissiper l’ignorance qui […] enténèbre en matière de religion l’esprit de tant de nos contemporains ». « Tous les bienfaits que la civilisation chrétienne a portés dans le monde sont dus, du moins à leur origine, à la parole et à l’action du sacerdoce catholique », affirme encore Pie XI. Car, « étant l’écho fidèle et la répercussion de cette parole de Dieu qui est vivante et efficace et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, [atteignant] jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit (He 4, 12) », la parole sacerdotale « suscite des héroïsmes de tout genre, dans toute classe et en tout lieu, et crée l’action désintéressée des cœurs les plus généreux ».
Dès lors, on comprend mieux pourquoi, parmi les trois munera, l’enseignement vient en premier. Catéchisme pour enfants et pour adultes, homélie lors de la messe… Le prêtre ne manque pas d’occasions d’enseigner – encore faut-il que cela soit LIRE LA SUITE France-Catholique


